Il y a une phase moins visible dans mon travail, mais tout aussi importante que le mix lui-même : celle où j'écoute, je range, je vérifie. C'est un travail qui ne s'entend jamais dans le résultat final, mais qui conditionne tout ce qui suit. Voici ce qui se passe, concrètement, entre le moment où je reçois vos fichiers et celui où je pose vraiment les mains sur le mix.

Je réorganise la session

Avant même d'écouter en entier, je reprends chaque piste : je la renomme selon son contenu réel, je regroupe par familles (batterie, basse, voix, guitares...), je vérifie qu'aucune n'est mal étiquetée ou en double. Ce classement, c'est ce qui me permet ensuite de travailler vite et de ne rien laisser passer.

Je passe les niveaux au crible

Je vérifie l'absence de saturation ou d'écrêtage sur chaque piste, et je m'assure qu'il reste de la marge dynamique avant de commencer à équilibrer quoi que ce soit. Si un signal est abîmé à la source, je le signale plutôt que d'essayer de le réparer après coup — mieux vaut le savoir avant que de le découvrir en plein mix.

Je nettoie ce qui doit l'être

Bruits de chaise, respirations trop fortes, silences un peu sales entre deux prises : je passe les pistes en revue et je corrige ce qui doit l'être avant de lancer quoi que ce soit. C'est un travail de fond qu'on ne remarque jamais dans le résultat, mais qui change beaucoup la propreté générale du mix.

J'échange avec vous sur des références

Avant de me lancer, j'aime avoir un ou deux morceaux de référence avec l'artiste — pas pour copier un son, mais pour partager un langage commun sur l'énergie ou la texture recherchée. C'est souvent la meilleure façon d'éviter des allers-retours inutiles plus tard, et ça fait partie du dialogue que j'aime avoir dès le départ.

Je repars toujours du son le plus brut possible

Je préfère travailler à partir de pistes non traitées sur le bus final : ça me laisse toute la marge pour construire la dynamique et l'équilibre depuis la base, plutôt que de composer avec des décisions déjà prises en amont. Si une session arrive déjà masterisée ou très travaillée, j'en discute avec l'artiste pour voir ce qu'on peut récupérer de plus brut.

Rien de tout ça n'est votre travail — c'est le mien, et c'est une partie du métier que j'aime particulièrement : ce moment où une session encore un peu brute devient un projet clair, prêt à être sculpté. Vous, ce qui vous concerne, c'est la musique.